textes pour prier

 

Viens, ô mon Dieu, que je Te parle à l'oreille :

il n'y a que Ton oreille, ô mon Dieu,

qui soit capable de me regarder.

 

Au-dessous de tout cela en moi,

Tu vois bien qu'il y a quelque chose de saint :

quelque chose de tout petit,

ô mon Dieu,

qui Te regarde et qui a foi.

 

Ecoute !

quelque chose vers Toi nuit et jour en moi

qui ne cesse de pousser des cris !

quelque chose vers Toi de pas fort

qui essaye de se lever !

 

Il y a une telle soif en moi

de Ta tendresse et de Ta suavité,

et de tout ce que l'on m'a raconté de Ta miséricorde !

 

De cette oreille en Toi qu'il y a derrière l'oreille,

écoute ces lèvres qui s'agitent

et ce long effort en moi vers Toi

qui essaye de devenir une syllabe !

 

Ma douleur pour que tu viennes à mon secours,

est-ce que cela ne suffit pas,

et cette épine dans ma chair

comme un cri qui continue ?

 

Que je T'entende seulement, ô mon Dieu,

bouche à bouche,

m'expliquer qu'il n'y a pas quelqu'un de semblable à Toi !

 

Quand Tu es là, ô mon Dieu, un tas de choses

il y a un tas de choses en moi qui se mettent à genoux !

 

A quoi est-ce que cela Te sert-il d'être si grand,

puisque cela ne m'empêche pas de dire : Toi seul !

 

Montre-moi tout bas le chemin !

apprends-moi, aussi bas que Tu le voudras, Ton nom !

 

Donne-moi l'Eternité, Seigneur,

pour que j'aie de quoi Te dire : Oui !

 

Force donc m'a été faite, Tu l'as voulu,

par Toi de sortir de l'Enfer inférieur !

 

Délivre-moi de toutes ces forces confuses en moi

qui essayent de venir à bout de Ton visage !

 

Je me rappelle que Tu es bon et patient

- c'est miséricordieux que l'on dit ? -

et que Tu dis la vérité.

 

Regarde-moi avec Ton visage !

regarde, Père, à l'intérieur de Ton enfant !

Ah cet enfant, diras-Tu,

ce petit enfant et l'enfant de Ma servante !

 

Fais-moi un petit signe sur le front

afin que mes ennemis aient peur !

On ne pleure plus avec Toi,

on est content, on est consolé.

Paul Claudel - Psaume 85

 

Le Sauveur est présent

à ceux qui vivent en Lui,

toujours

et de toutes les façons,

au point de répondre

à tous leurs besoins,

d'être tout pour eux

et de ne pas les laisser

regarder quoi que ce soit

d'autre,

ni rien chercher

ailleurs.

 

Car il n'est rien dont les saints

puissent avoir besoin,

que lui-même ne soit pour eux.

 

Il les enfante et les fait croître,

il les nourrit,

il est leur lumière

et leur souffle.

 

Il façonne pour lui-même

leur oeil,

il les illumine pour lui-même

en retour,

et c'est lui-même

qu'il leur donne de voir.

 

Nourricier,

il est aussi nourriture ;

il est celui qui donne

le pain de la vie,

et il est lui-même

ce qu'il donne.

 

Il est vie pour ceux qui vivent,

chrême parfumé

pour ceux qui respirent,

vêtement

pour ceux qui veulent

se couvrir.

 

Et certes, par lui-même

nous avons

la faculté de marcher,

c'est lui qui est la route,

et c'est lui-même encore

le gîte d'étape et le terme.

Nicolas Cabasilas

 

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