Règle et liturgie

 

l'âme en paix

9 mars 2010

RB 31 b

3ème mardi de carême

table

En insistant sur « les qualités que doit avoir le cellérier du monastère », ce chapitre 31 de la Règle nous interpelle sur notre propre attitude, tant à l’égard des autres membres de la communauté – « N’être ni hautain, ni injuste, ne pas rebuter avec mépris », entendions nous hier – , que vis-à-vis des objets et des biens du monastère – « N’être ni brouillon, ni négligent, ni dissipateur, etc. ».

Pour discerner ce qui, dans notre conduite, est « mal à propos », la meilleure aide est sans nul doute ce que saint Benoît, à la suite de la Bible, nomme « la crainte de Dieu », c'est-à-dire que nous ne saurions avancer de plus en plus vers Lui sans placer et replacer toutes nos actions et réactions sous son regard, Lui qui désire « que personne ne soit troublé ni contristé dans cette maison » où nous vivons, certes, mais qui est avant tout la sienne, comme nous le rappelle la conclusion de cette seconde partie.

Dans les ajustements incessants que ce propos de communion exige, il n’est pas inutile de « nous souvenir toujours de la parole de Dieu », comme saint Benoît y invite le cellérier au début et à la fin. Au-delà de nos demandes multiformes et parfois déraisonnables, de quoi en effet avons-nous profondément besoin, sinon de cette parole qui seule peut nous combler parce qu’elle nous remet en présence de Celui par qui tout existe et par qui nous sommes, de qui tout vient et vers qui nous allons.

Plus nous sommes affairées, accaparées par l’administration des biens temporels, plus nous avons besoin de cet enracinement dans la parole de Dieu qui nous permet, en tout ce qui nous entreprenons, de ne pas perdre de vue l’essentiel et d’y revenir quand nous nous en sommes éloignées. « La Parole qui te porte, toi et moi, et toutes choses, je la porte à mon tour en moi, et la garde » dit Angélus Silesius. Là est le chemin pour « remplir nos diverses charges l’âme en paix », comme le stipule la finale de ce passage.

 

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