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le Christ est là présent dans sa parole |
29 juillet 2010 RB 48 b 17ème jeuid ordinaire |
En soi, le verbe vacare, qui revient 8 fois dans ce chapitre 48, est neutre. Il signifie « être libre de toute occupation ». De là, il peut prendre un sens négatif : « être oisif », comme à la fin du passage que nous venons de lire, où il est question du « moine paresseux perdant son temps (qui vacat) à l’oisiveté ou au bavardage », ou, dans le passage que nous entendrons demain, à propos de celui qui est si négligent et paresseux qu’il ne veut ou ne peut ni méditer ni lire et que l’on applique à quelque travail afin qu’il ne demeure pas oisif (ut non vacet) ». Les six autres fois, le verbe vacare est associé à la lecture de façon positive : il s’agit en l’occurrence d’avoir du loisir pour la lecture, de lui donner du temps. Certes, les occupations ne nous manquent pas et si nous attendons d’avoir du loisir pour donner du temps à la lecture, elle sera loin d’occuper la place que saint Benoît lui assigne en la mettant sur pied d’égalité, quant à l’importance qu’elle revêt dans notre vie monastique, avec le travail manuel de chaque jour. C’est que la lecture dont nous parle la Règle ce matin n’a rien d’anodin, elle est « une lecture des choses divines », autrement dit, une fréquentation des Saintes Ecritures dont la constitution dogmatique Dei Verbum souligne au numéro 24 qu’elles contiennent la parole de Dieu. « Dans les livres saints, stipulait déjà le numéro 21, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux ; or, la force et la puissance que recèle la parole de Dieu sont si grandes qu’elles constituent pour l’Eglise, son point d’appui et sa vigueur et, pour les enfants de l’Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle ». Le numéro 7 de la constitution Sacrosantum Consilium rappelle à son tour que « le Christ est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Ecritures ». D’où l’importance de vaquer à la lectio divina, de nous y laisser attirer par le Christ et de nous ouvrir par la foi au mystère du salut. La fête des saints Lazare, Marthe et Marie nous rappelle que suivre et servir le Christ dans les occupations de chaque jour ne vont pas sans « scruter les Ecritures, dont Guerric d’Igny affirme que « nous ne nous trompons pas en pensant avoir la vie en elles, nous qui n'y cherchons rien d'autre que le Christ ». |