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| ~ LA GRANGE D'UBEXY ~ |
Présentation générale |
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Un
charisme ouvert : le charisme cistercien
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Regarde le genre humain, du lever au coucher du soleil, se presser vers
les foires de ce monde. Les uns recherchent la richesse, d’autres
courent après les honneurs, d’autres encore sont séduits
par l’agrément de la popularité… Remarque-le : si c’est en raison de la gloire que tu cours, tu te rues vers l’envie ; et si c’est le bonheur que tu poursuis, c’est dans le malheur que tu seras détruit. Tu le vois, c’est bien en vain que tout homme se tracasse. ‘’ (Sermons divers 42,3) Ces
paroles dont on ne peut nier ni l’actualité ni la pertinence
ont été écrites au Poursuivons encore : ’’ On commence par se convertir en faisant pénitence ; en second lieu on pratique la justice par la qualité de son existence ; en troisième lieu, et à condition d’avoir bien progressé on enseigne en paroles cette justice que par ailleurs on garde dans sa vie.’’ (Sermons divers 91,7) ‘’ Trois réalités donnent du prix à la mort des saints : leur tranquillité face au souci, leur joie face à la nouveauté, leur assurance face à l’éternité. ’ (Sermons divers 64,2) Si l’on songe que saint Bernard était un moine contemplatif en même temps qu’il fut un homme d’action qui a marqué son temps nous découvrons qu’à travers ces quelques propos qu’action et contemplation ne s’opposent pas. Tous nous avons à vivre Marthe et Marie. Saint Bernard vivait de la pratique quotidienne de la Règle de saint Benoît qu’en tant qu’Abbé il enseignait à ses moines. Or, nous voilà au cœur d’une démarche d’aujourd’hui. Comment et pourquoi ce charisme cistercien, authentifié par l’Eglise peut-il d’une manière différente de l’oblature bénédictine intéresser des laïcs vivant leur vie de famille, leur vie professionnelle, leur vie relationnelle et leurs engagements d’Eglise ou dans la société ? S’il est banal de dire que nous vivons dans un monde sans repère, voici qu’une Règle écrite il y a quinze siècles pour des personnes célibataires, vivant apparemment hors du monde, dans un univers clos interpelle à travers les cisterciens des personnes mariées, pères et mères de famille, des célibataires, des personnes vivant seules, d’origines sociales très diverses, d’opinions politiques différentes, vivant à la ville ou à la campagne avec des engagements de terrain très diversifiés et sans communauté visible permanente. Ils trouvent dans la Règle de saint Benoît, une aide, des repères pour vivre leur foi. Il y a déjà quelques années le rapport de Monseigneur Dagens apportait quelques éléments de réponse : ‘’ les laïcs , engagés dans leur tâches profanes, en viennent à s’interroger sur la nature de leurs motivations chrétiennes et sont en quête d’une véritable spiritualité ‘’ Cette spiritualité qui s’enracine dans la Règle de saint Benoît, relecture de l’Evangile aborde tous les secteurs de la vie quotidienne. Elle est destinée à des gens ordinaires qui vivent une vie ordinaire. Très humaine, très équilibrée, très incarnée, elle dédramatise les choses et les évènements. La Règle, c’est le respect des personnes, elle fait toujours le lien avec la Parole qui devrait commander toute attitude puisque c’est notre relation aux autres qui vérifie notre relation à Dieu. Elle est articulée autour de cinq points forts qui concernent notre vie de chaque jour : • Le premier est celui de la lectio qui est une lecture chrétienne de l'Ecriture conduisant à la prière. Lectio et prière apportent la nourriture et irriguent la vie. C'est à la source à laquelle il faut aller boire. • Le second est le travail. Que l'on soit moine, moniale ou laïc il nous faut travailler pour vivre, assurer notre retraite pour ne pas être à charge. Si le travail nous rend participant de la Création, il est aussi un lieu de vérification de la qualité de notre relation aux autres. Il n'est pas une fin en soi, il est un moyen. • Le troisième est l'ascèse. Le sens de ce mot est exercice, entraînement. Ce n'est pas non plus une fin en soi, un but. C'est un moyen pour éduquer notre sensibilité, nos choix, nos puissances de désir afin de les orienter vers Dieu et ainsi apprendre à nous unifier. A chacun de voir les moyens qu'il prend pour ne pas trop se disperser, ce qui est souvent une fuite. A chacun de voir comment il organise son emploi du temps, ses loisirs, ses lectures, ses achats. A chacun de voir dans sa vie où il situe le pouvoir et le paraître. • Le quatrième est la vie fraternelle, lieu privilégié où s'authentifie la qualité des relations avec les autres, avec le prochain qui peut devenir le frère. C'est le lieu où l'on apprend à se connaître. C'est l'école de l'humilité, du pardon, de la miséricorde et de la vérité par rapport à soi-même et aux autres. " Le fer se polit par le fer et l'homme par le contact avec son prochain " ( Prov 27,17 ) • Le cinquième est le retrait du monde, ce qui ne veut pas dire qu'il faut fermer sa porte, se cloîtrer, fuir ses relations, sa vie de famille, sa vie professionnelle. Le retrait du monde, c'est apprendre à gérer la distance et la proximité par rapport à toutes les sollicitations dont nous sommes l'objet. Le retrait du monde, c'est apprendre à ne pas se laisser dominer par tout ce que nous pensons avoir à faire. Le retrait du monde c'est apprendre à être présent à soi-même pour être mieux présent aux autres et à Dieu. Par rapport à l’oblature bénédictine qui de fait lie une personne à un monastère, dans l’approche cistercienne c’est un groupe de personnes qui lui, en tant que groupe se rattache à un monastère et est reconnu par la famille cistercienne qui authentifie la démarche. Le groupe est un lieu source, un lieu de formation qui renvoie chacune et chacun sur son lieu de vie avec ses engagements. Notre identité se définit à la lumière du charisme cistercien, la Règle de saint Benoît chemin de vie devient un référant stable pour ordonner notre vie de laïc. Avec l’aide et le soutien d’un groupe constitué de personnes très diverses tant par l’âge que par la culture, groupe devenu école du service du Seigneur, lieu de formation et de partage au rythme de chacun avec les dons qu’il a reçu, la Parole fréquentée régulièrement nous façonne petit à petit, nous forme à une maîtrise du cœur et de l’action qui nous fait découvrir l’obéissance à l’Esprit Saint. Ce chemin de conversion qui engage à suivre le Christ conduit au souvenir incessant de la Présence de Dieu. Irriguée par la lectio, la prière et les sacrements, la vie familiale, professionnelle, relationnelle et l’attention aux plus fragilisés nous font participants de la croix du Christ en nous insérant dans la vie de l’Eglise. Progressant dans la connaissance de nous-mêmes et dans l’humilité, notre vie se simplifie, prend une juste distance par rapport au monde et nous fait grandir dans la dépendance de Dieu. Cette pratique conduit à une expérience qui tend à unifier la personne quels que soient ses engagements et leurs lieux de relecture car la spiritualité cistercienne intègre tout ce qui fait l’existence et nous fait solidaires des autres. En effet :’’ les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur.’’ (Vatican II. Gaudium et Spes. Avant propos 1). Et comme le disait déjà au XIIéme siècle Guillaume de saint Thierry, un père cistercien s’adressant à des chartreux : ‘’ Toute vie spirituelle doit trouver son expression dans un comportement quotidien.’’ (lettre aux frères du mont Dieu) Le groupe d’Ubexy. Contact : jf.fyot@arccis.org |