laïcs cisterciens

 

~ LA GRANGE

D'UBEXY ~

Présentation générale

 

 

 

 

 

 

UNE SPIRITUALITE PARTAGEE AVEC LES LAICS

Autour des monastères, et cela depuis les débuts du monachisme, des laïcs ont plus ou moins vécu en osmose avec des communautés auprès desquelles ils se sentaient attirés. Ce fut aussi le cas des monastères cisterciens où des laïcs vivaient dans la mouvance de ces lieux qui leur assuraient du travail, une certaine sécurité tout en les faisant bénéficier de leur spiritualité.

Quand en 1098 Robert quittait son monastère bénédictin de Molesmes pour aller fonder Cîteaux, lui-même et ses successeurs immédiats, Albéric, puis Etienne n’envisageaient certainement pas que ce qu’ils initiaient allait perdurer et deviendrait ce qu’il est coutume d’appeler aujourd’hui la famille cistercienne. C’est du monastère de Cîteaux que le jeune moine Bernard fut envoyé fonder Clairvaux. Par leurs fondations Cîteaux et Clairvaux rayonneront dans toute l’Europe.

Si la pratique de la spiritualité cistercienne par des laïcs sembla en sommeil, elle trouve une nouvelle vigueur depuis une vingtaine d’années et cela dans l’ensemble de la famille cistercienne. Elle en est devenue comme un rameau.

En effet, dans un monde en recherche de repères et de stabilité, les cisterciens, comme les autres familles religieuses attirent des laïcs qui cherchent à structurer leur vie chrétienne sans être pour autant moine ou moniale.

C’est par la règle de saint Benoît que cet attachement à la famille cistercienne prend corps. Cette règle écrite il y a quinze siècles interpelle aujourd’hui des personnes mariées, pères et mères de famille, des célibataires. D’origines sociales très diverses, d’opinions politiques différentes, vivant en ville ou à la campagne, intégrés à leur milieu de vie sans communauté visible permanente, ils trouvent là une base et un appui pour vivre leur foi. Avec l’aide et le soutien des monastères cisterciens auxquels ils se rattachent, ils découvrent que la règle de saint Benoît peut être un guide du quotidien car la spiritualité cistercienne irrigue toute la vie.

Petit à petit, et au rythme de chacun, leur vie s’unifie et se construit autour de cinq points forts :

Le premier est celui de la fréquentation régulière de la Bible et de la pratique de la prière qui est comme une source.

Le second c’est le travail, que l’on soit moine, moniale ou laïc il faut travailler, assurer une retraite, ne pas être à charge et souhaiter partager. Le travail est alors plus considéré comme un moyen que comme une fin en soi.

Le troisième c’est l‘ascèse, mot à connotation rébarbative qui signifie entraînement ; ce n’est pas un but mais aussi un moyen pour éduquer la sensibilité, les choix et les puissances de désir, apprendre à ne pas trop se disperser, à ne pas fuir la réalité, à organiser son emploi du temps et le contrôler.

Le quatrième est la vie fraternelle, la vie avec les autres, qui permet de mieux se connaître, qui évite la redoutable hypertrophie du moi, rend modeste et fait que l’autre peut être reconnu comme un frère.

Le cinquième point fort de ce partage de spiritualité est le retrait du monde : c’est l’art de gérer la distance et la proximité par rapport à toutes les sollicitations dont nous sommes l’objet, c’est apprendre à ne pas se laisser prendre par le tout urgent pour s’habiter soi-même.

On voit ainsi se dessiner les grands traits ce qui peut constituer une identité cistercienne pour des laïcs. Tentant de vivre de la règle de saint Benoît, chemin de vie et relecture de l'Evangile, à l’exemple des moines et des moniales, ils peuvent trouver là un référent stable pour ordonner et unifier leur vie dans un monde en plein mouvement. Les groupes au sein desquels ils se retrouvent régulièrement leur permettent de se soutenir les uns les autres à travers les incontournables turbulences de l’existence.

Cette source à laquelle ils boivent ne les renferme pas sur eux-mêmes mais donne sens à leur vie familiale, professionnelle, relationnelle et les engage à une attention particulière aux plus fragilisés. La spiritualité cistercienne imprègne toute la vie et s’exprime dans une façon de vivre. Ce qui a été semé en 1098, ce dont témoigne les monastères cisterciens, ne cesse de se développer et de prendre parfois des chemins inattendus ce qui est le cas aujourd’hui pour une cinquantaine de groupes de laïcs répartis dans le monde.

A la famille cistercienne née à Cîteaux en 1098, s’ajoute désormais, selon l’expression de Dom Bernardo Olivera, ancien abbé général des cisterciens trappistes, "une nouvelle branche sur l’arbre cistercien" : les laïcs cisterciens.

Le groupe d’Ubexy.

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