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Le film "Frère Luc, Moine de Tibhirine" a été réalisé par Silvère Lang. Le DVD "Frère Luc" ou la Vidéo sont disponibles à l'adresse suivante : AME 10, rue Henri IV 69287 LYON Cedex 02 Tél. 0478374599 (DVD 25 € Vidéo 20 € + frais de port 5 €)
Je ne pense pas que la violence puisse extirper la violence. Nous ne pouvons exister comme hommes que si nous nous faisons image de l'amour tel qu'il s'est manifesté dans le Christ, qui, JUSTE, a voulu subir le sort de l'injuste. … tant qu'il reste un peu de jours, je me dois aux autres, aussi, je ne peux quitter Tibhirine, comme le disait Edith Piaf JE NE REGRETTE RIEN
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FRERE LUC, MOINE DE TIBHIRINE Extraits
de l'introduction faite par Pierre LAURENT, Lors
d’un tournage dans Lyon, Silvère Lang a été
abordé en 1997 par un algérien et après quelques
échanges, ce dernier, originaire de la région de Médéa
proche de Tibhirine, lui a suggéré de faire un film sur
les 7 moines. L’idée a cheminé, il en a parlé
à l’Abbé d’Aiguebelle, abbaye mère
de Notre Dame de l’Atlas qui a d’abord souhaité la
discrétion pour ne pas gêner le petit groupe de cisterciens
qui essayait de faire revivre Tibhirine ; lorsqu’ils ont dû
renoncer, en 2001, l’accord a alors été donné.
Au travers de la vie de Frère Luc, le film décrit l’histoire
des 50 dernières années de Notre Dame de l’Atlas,
nom du monastère de Tibhirine. En préalable, il convient
de souligner les points forts ou très originaux de cette communauté,
qui, pour l’essentiel, menait une vie monastique tout à fait
comparable à celle de tout monastère Trappiste :
-Tout d’abord, une très forte proximité de vie avec les voisins algériens, partageant avec eux aussi bien le travail des champs dans une formule d’association, que les joies ou les peines. Les moines participaient. aux repas de fêtes, fin du ramadan par exemple et les villageois s’associaient aux grandes fêtes chrétiennes marquées elles aussi par un couscous communautaire (en général sans viande..) -Ensuite l’existence d’un dispensaire dont le médecin était un moine, Frère Luc -C’était aussi un lieu de ressourcement et de retraite spirituelle pour les chrétiens d’Algérie, qui en avaient bien besoin. C’était pour eux un poumon d’oxygène spirituel. -Enfin, un engagement quasi quotidien dans les relations avec l’Islam par les échanges de la vie courante mais aussi de manière plus construite avec une confrérie de soufis, mystiques musulmans, particulièrement dans le cadre d’un groupe de réflexion créé par Christian de Chergé et le P Claude Rault, Père Blanc, actuellement évêque du Sahara : le Ribat es salaam -Pour résumer et en reprenant une expression de Mgr Teissier, l’archevêque d’Alger, cette communauté de moines était un peu l’icône de ce que voulait être l’Eglise d’Algérie.
Le film étant centré sur Frère Luc, quelques mots
pour situer ses 6 Frères :
Sept hommes avec des parcours très différents, des caractères
souvent affirmés, qui connurent des moments de désaccord
dans la vie communautaire mais qui, mystérieusement, convergèrent
ensemble dans la sérénité et une fraternité
toujours plus apaisée vers cette offrande commune ; le journal
de Frère Christophe, publié sous le titre du « souffle
du don » est révélateur de ce cheminement des deux
dernières années. Vous
allez maintenant retrouver tout cela dans le film ; le message qui nous
est laissé est immense et finalement peu connu. Tout le monde
a entendu parler de Tibhirine et sait que 7 moines y ont été
enlevés et assassinés, mais bien peu savent réellement
ce que ces 7 moines, et les deux rescapés, ont voulu y vivre
pendant des années. Une heure d’images et de témoignages ce ne peut être que partiel par rapport à l’immensité et le diversité de ce qui nous est laissé ; mais il y a déjà beaucoup d’éléments très forts permettant d’alimenter la réflexion et de comprendre que vivre ce message n’était pas réservé à des moines maintenant morts ou à ceux qui vivent encore en pays musulman, mais que chacun, là où il est, peut s’en inspirer dans sa vie. Je termine en citant Dom André, Abbé d’Aiguebelle, dans son homélie du 21 mai 2004 à Tibhirine : "D’autres disent encore que ce lieu est devenu trop petit et que Tibhirine a pris une autre dimension qui échappe aux familles des sept frères, à notre Ordre, à l’Église d’Alger. François d’Assise en entendant le Seigneur l’appeler à rebâtir son Église a commencé par prendre une truelle et refaire une église de pierres avant de comprendre ; peut-être nous fallait-il prendre le même détour immédiatement après la mort de nos frères avant de comprendre à quelles autres dimensions et à quelles autres démarches de foi et de vie le Seigneur nous appelle désormais pour que le message de Tibhirine se poursuive..." |