la Règle au fil des jours

 

mardi 26 février 2008

RB 20 - purification

Dès le mercredi des cendres, la liturgie nous a rappelé qu’il s’agissait, « par notre fidélité à ce temps de pénitence », de « parvenir avec une âme purifiée à la célébration de la Pâque du Fils de Dieu ». Depuis, et tout au long du carême, ce thème de notre purification revient, sous de multiples formes, mais pareillement orienté : « Nous t’en prions, Dieu tout-puissant, purifie-nous au long de ce carême, pour que nous parvenions avec un cœur limpide aux fêtes pascales qui approchent », demandions-nous dans la prière d’ouverture de vendredi dernier.

Saint Benoît, lui aussi, dans ce chapitre 20 de la Règle, nous parle de pureté. Avec une certaine insistance, d’ailleurs, puisqu’en cinq versets, le mot revient trois fois. Il est successivement question de « pure dévotion », laquelle ne va pas sans une attitude tout d'humilité ; de « pureté du cœur », opposée à « l'abondance des paroles » ; de « prière pure », en même temps que « brève ».

Pour progresser sur ce chemin de purification, de guérison, de sanctification, nous ne sommes pas laissées sans moyens. « Tu nous as dit comment guérir du péché », proclamait l’oraison de ce troisième dimanche en s’adressant au « Seigneur, source de toute bonté ».

La liturgie de ce jour nous le redit pareillement. Si Azarias, en première lecture de la messe, nous entraîne dans sa prière de feu pour implorer le pardon du Seigneur « à cause de nos péchés », Jésus, dans l’évangile, nous rappelle que le pardon demandé à Dieu s’authentifie et se déploie dans le pardon accordé à nos frères.

« Que notre communion à ton sacrement, Seigneur, purifie chacun d’entre nous, et réalise notre unité » : la troisième prière de ce lundi soulignait déjà le lien profond entre communion sacramentelle et communion fraternelle. Ne redisons-nous pas matin, midi et soir : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé » ?

Nous sommes appelées à nous remettre ensemble, jour après jour, dans « les voies du Seigneur » : elles « sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois », proclamait tout à l’heure le psaume 24. C’est sur ce chemin que « le Seigneur montre aux pécheurs » que nous sommes, que nous progresserons vers la « dévotion pure », la «pureté du cœur », la « prière pure », et que nous connaîtrons qu’il « est le Dieu qui nous sauve ».

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OBSCULTA PERVENIES

jeudi 28 février 2008

RB 22 - nous laisser former par lui

« Que les moines soient toujours prêts ». L’injonction de saint Benoît rejoint l’ordre donné par le Seigneur dans la première lecture de la messe : « Soyez attentifs à ma voix ».

Quant à « dormir », terme qui revient six fois dans la première partie de ce chapitre 22, le prophète Jérémie énumère en quoi cela consiste : « Ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais conseils de leur cœur obstiné ; ils ont reculé au lieu d’avancer ».

Saurons-nous au contraire « nous lever », le terme revient deux fois, autrement dit «suivre jusqu’au bout la route que le Seigneur nous prescrit » ? Alors « il sera notre Dieu et nous serons son peuple, et nous serons heureuses ».

Or, souligne saint Benoît à la charnière de ce passage de la Règle, nous ne le pouvons à moins d’« être toujours prêtes ». Qu’est-ce à dire ? Jésus, dans l’évangile du jour, nous éclaire, lorsqu’il nous presse de demeurer et d’œuvrer avec lui, car, conclut-il, « celui qui n’est pas avec moi est contre moi et celui qui ne rassemble pas avec moi disperse ».

Comment, aujourd’hui, allons-nous « nous laisser former par lui » et manifester par notre vie que « la fidélité n’est pas morte, qu’on en parle encore » ?

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OBSCULTA PERVENIES

dimanche 29 juin 2008

RB 22 bis - saints Pierre et Paul

Il y a pas mal de points communs, déjà au niveau du vocabulaire, entre ce chapitre 22 de la Règle et la première lecture de la messe de ce dimanche où nous fêtons les apôtres Pierre et Paul.

Dans les deux passages, il est question de dormir parmi d’autres, au milieu de frères pour les moines ou entre deux soldats pour Pierre ; d’une lumière qui éclaire le dortoir continuellement jusqu’au matin ou qui brille soudainement dans la cellule ; de s’encourager doucement afin d’ôter tout sujet d’excuse aux somnolents ou d’être secoué pour le réveil ; de ceinture à garder ou à mettre ; de se lever aussitôt, au signal donné, et de s’empresser à l’envi à l’œuvre de Dieu ou de se lever vite et de suivre l’envoyé de Dieu, pour se rendre compte à la fin du salut expérimenté.

Que nous dit ce parallèle ? La succession dormir - se lever a, sans conteste, une résonance pascale : Pierre est emprisonné, enchaîné, et le réveil par l’ange est synonyme pour lui de libération. La lumière qui accompagne l’événement n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle du matin de la résurrection.

Pour saint Benoît, le moine doit être toujours prêt pour ce passage des ténèbres à la clarté d’en haut, de l’obscurité à l’aurore d’une vie nouvelle en Dieu : « Levons-nous donc enfin, clame t’il dès le Prologue, l’Ecriture nous y incite : ‘L’heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil’. Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise. Ayons les oreilles attentives à la voix de Dieu qui nous crie chaque jour cet avertissement : ‘Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs’ ».

C’est sur ce chemin de conversion que Pierre et Paul continuent de nous rejoindre et de nous entraîner. Dans le premier sermon pour leur fête, saint Bernard les nomme « ces deux grands luminaires … qui nous ont été donnés pour maîtres et pour médiateurs … car ce sont eux qui nous ont fait connaître les chemins de la vie ». Et il explique un peu plus loin que ce chemin, ils l’ont « appris en eux-mêmes et à partir d’eux-mêmes », « du fait qu’ils étaient hommes et pécheurs, et même très grands pécheurs » et qu’ils ont fait l’expérience de la miséricorde et du pardon.

A propos de Paul, le sermon III raconte : « Il allait, exhalant par tout son corps un poison redoutable, et soudain le voici changé en instrument de choix, si bien que déjà de son cœur jaillit une parole bonne, une parole humble : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Cela, à coup sûr, c’est un changement dû à la main du Très Haut ». Et au sujet de Pierre, saint Bernard rappelle qu’ « après sa terrible chute, il est revenu à un degré éminent de sainteté : Sorti dehors, il pleura amèrement ». Et il commente : « Dans le fait de sortir, reconnais la confession des lèvres, et dans le fait de pleurer amèrement la profonde repentance du cœur. Et sois attentif à ceci : il a commencé par se souvenir de la parole prononcée par Jésus. Cette prédiction de sa faiblesse fut la première à remonter dans son cœur, dès que s’évanouit son orgueilleuse témérité ».

Dès lors, Pierre et Paul, réveillés de leurs égarements, se sont levés pour enseigner à tous la voie du salut, autrement dit, ajoute saint Bernard, qu’« on ne vit bien qu’à la condition de faire le bien ». Comment allons nous être fidèles à leurs enseignements, ainsi que nous en demandons la grâce dans l’oraison du jour ? Pour quelle œuvre allons nous nous lever et nous encourager mutuellement ? et de quel sommeil obscur nous faut il sortir pour que ce soit vraiment l’œuvre de Dieu ? Pierre et Paul nous apprennent que seule la foi agissant par l’amour qu’ils ont confessée et annoncée fera que nous serons toujours prêtes pour répondre aux appels de la grâce.

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OBSCULTA PERVENIES

dimanche 1er juillet 2007

RB 24 - tu allèges celui que tu remplis

Les chapitres qui nous occupent depuis hier réfèrent la peine de l’excommunication à la gravité des fautes. Aujourd’hui, il est question du frère coupable de fautes légères. Le chapitre suivant parlera du frère coupable d’une faute grave. Dans ses Confessions, saint Augustin parle de l' « homme qui partout porte sur lui sa mortalité, partout porte sur lui le témoignage de son péché » (I,1). Evoquant ensuite son chemin de conversion, il précise : « Maintenant, puisque tu allèges celui que tu remplis, n'étant pas rempli de toi je suis un poids pour moi » (X). Et il explique un peu plus loin : « Un corps, en vertu de son poids, tend à son lieu propre... Le feu tend vers le haut, la pierre vers le bas : ils sont menés par leurs poids, ils s'en vont à leur lieu ... S'il n'est pas à sa place, un être est sans repos ; qu'on le mette à sa place et il est en repos » (XIII). Finalement, lorsqu'il aura basculé du péché dans la grâce, il découvrira un autre poids. « Mon poids, c'est mon amour; c'est lui qui m'emporte où qu'il m'emporte. » (IX)

« Le frère privé de la table commune » et qui, « à l’oratoire n’entonnera ni psaume, ni antienne et ne récitera pas de leçon », n'est assurément pas à sa place. La séparation, la mise à l'écart qu'il expérimente, est la représentation concrète de la situation hors communication, hors communion dans laquelle il s'est mis par sa faute ; elle veut lui faire prendre conscience de la gravité de ses actes en le plaçant face à leurs conséquences dans sa relation à Dieu et aux autres, comme par rapport à sa propre vie, jusqu'à ce qu'il reconnaisse avec saint Augustin : « Tout ce que je sais, c'est que je vais mal sans toi, non seulement hors de moi mais aussi en moi-même » (XIII).

Saint Benoît, lui, parle pour ce frère d’ « obtenir son pardon par une satisfaction convenable » : façon de signifier le travail intérieur qui doit maintenant s'accomplir, c'est-à-dire le réajustement à opérer, le pas qui ne peut procéder que de sa liberté en réponse à la grâce. « Le tout, remarque encore Augustin, était de ne pas vouloir ce que je voulais et de vouloir ce que tu voulais.» (X,I, 1). Ce que Dieu veut pour nous, saint Paul nous le rappellera en seconde lecture de la messe, c’est que « nous soyons vraiment libres ». Et cette liberté consiste à « nous mettre, par amour, au service les uns des autres», à « ne plus obéir aux tendances égoïstes de la chair mais à vivre sous la conduite de l’Esprit de Dieu ».

Les moyens ne manquent pas par lesquels Dieu nous ramène à notre place pour peu que nous consentions à cette grâce offerte de nous alléger de tout ce qui veut alourdir notre marche vers Lui à la suite du Christ. Après avoir évoqué « le feu et la pierre qui ont une activité, un mouvement naturel, une force qui les porte vers le centre de leur sphère » … «le feu tend vers le haut, la pierre vers le bas », disait déjà saint Augustin … saint Jean de la Croix écrit dans la Vive flamme d’amour: « Pour que l’âme se trouve en son centre qui est Dieu, il suffit qu’elle ait un degré d’amour, parce qu’un degré d’amour suffit pour qu’elle soit en Dieu par grâce. Si elle a deux degrés d’amour, elle sera concentrée en Dieu selon un autre centre plus intérieur. Si elle atteint trois degrés, elle pénétrera en Dieu trois fois davantage. Si elle atteint le dernier degré, l’amour de Dieu blessera cette âme en son centre le plus profond. En d’autres termes il la transformera et l’illuminera en tout son être, selon toute sa capacité et toute sa puissance, jusqu’à ce qu’elle en vienne à paraître Dieu même ». L’amour seul peut nous décharger.

Nous rejoignons là l’oraison du jour. « Tu as voulu, Seigneur, qu’en recevant ta grâce nous devenions des fils de lumière ; ne permets pas que l’erreur – le poids de nos fautes pourrions nous dire dans le contexte de ce chapitre de la règle – nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d’être toujours rayonnants de ta vérité ».

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OBSCULTA PERVENIES

dimanche 2 mars 2008

RB 25 - la gravité des fautes

Qu’est-ce qu’une faute grave ? Aussi bien les disciples que les pharisiens avaient leur vue sur la question. « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? », demandent les premiers. Et les seconds disent de Jésus : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat » ; et encore: « Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur ». Et à l’aveugle guéri qui s’obstine à lui rendre témoignage, « ils répliquent : ‘Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance et tu nous fais la leçon ?’ Et ils le jettent dehors ».

Au début du chapitre précédent, saint Benoît a spécifié que « la gravité des fautes dépend du jugement de l’abbé ». Il n’y a pas de liste préétablie. C’est dire que le poids de l’acte commis n’est pas seulement lié à sa matérialité. « Si vous étiez des aveugles, répond Jésus aux Pharisiens, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites: ‘Nous voyons !’ votre péché demeure ».

« La mesure de l’excommunication » prévue par ce chapitre 25 ne vise à rien d’autre qu’à ouvrir les yeux du « frère coupable », afin qu’en prenant toute la mesure de sa faute, il s’en corrige ; son isolement est pour l’amener à reconnaître l’atteinte portée à sa relation aux autres et à Dieu, pour lui rappeler l'urgence de la conversion, du retour en communion.

« Jusques à quand, Seigneur, jusques à quand ? », s’exclame Guillaume de Saint Thierry dans sa deuxième oraison méditative, avant de confesser : « Si toi, tu n’allumes pas ma lanterne, si tu n’illumines pas mes ténèbres, je n’arriverai pas à m’arracher à cette tentation ; et ce n’est qu’en toi, mon Dieu, que je traverserai ce mur ». La tentation, ici, est justement de s’enfermer et de s’enferrer plus encore.

Au chapitre 28, saint Benoît parlera du « frère qui, après avoir été fréquemment repris pour quelque faute et même après avoir été excommunié, ne s’amende pas … ne se corrige pas, ou, peut-être, enflé d’orgueil, ce que Dieu ne permette pas, veut même défendre sa conduite ». « Ce n’est qu’en toi, mon Dieu, que je traverserai ce mur ». Nos fautes nous renvoient à notre besoin d’être sauvé, et, partant, au don que Dieu nous a fait de passer, par la foi au Christ mort et ressuscité pour nous, des ténèbres à son admirable lumière.

« Je suis venu en ce monde pour une remise en question », dit Jésus à la fin de l’évangile de ce 4ème dimanche de carême. A quelle remise en question sommes nous conviées pour venir à sa lumière ? Ce qui est grave, ce ne sont pas nos bévues, mais de ne plus discerner « ce qui est capable de plaire au Seigneur » de ce qui « ne produit rien de bon».

« Quand ces choses là sont démasquées, écrit saint Paul aux Ephésiens, leur réalité apparaît grâce à la lumière, et tout ce qui apparaît ainsi devient lumière. C’est pourquoi l’on chante : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera». Alors, ne restons pas dans les ténèbres de nos aveuglements, mais, avec l’oraison du jour, demandons à « Dieu qu'il augmente notre foi, pour que nous nous hâtions avec amour au devant des fêtes pascales qui approchent ».

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OBSCULTA PERVENIES

mardi 3 juillet 2007

RB 26 - la peine de l'excommunication

Hier déjà, il était question de ne pas se joindre au frère coupable d’une faute grave. « Il sera privé tout à la fois de la table commune et de l’oratoire, stipulait d’emblée saint Benoît. Aucun frère n’aura avec lui ni relation ni entretien. Il restera seul à l’ouvrage qui lui est enjoint ». L’interdiction est reprise ce matin, encadrée de deux précisions. Saint Benoît parle, au début de ce très court passage, de celui « qui se joint, sans permission, au frère excommunié», et le chapitre se termine par la mention de « la même peine de l’excommunication que subit celui qui ose » agir ainsi.

Demain, en contraste éclairant, le chapitre 27 mentionnera « l’envoi de senpectes qui consoleront le frère qui est dans le trouble et l’engageront à faire une humble satisfaction ». L’action de ces « frères anciens et sages », loin d’être sans permission, relève au contraire d’une mission : celle d’encourager « le frère qui a failli » à ne pas rester enfoncé dans les conséquences de son égarement ; elle ne débouche pas sur une extension de l’excommunication mais vise à l’inverse un retour à la pleine communion.

Que conclure de ces rapprochements ? Ils nous montrent que ce qui est capital dans le processus de guérison n’est pas l’isolement, puisqu’il est modulable, mais l’obéissance, du fait qu’au départ de tout il y a la désobéissance, comme le spécifiait le premier de cette série de chapitres consacrés à «l’excommunication pour les fautes».

Le chapitre 23 a en effet débuté par l’évocation du « frère récalcitrant ou désobéissant ou orgueilleux ou murmurateur ou qui viole en quelque point la sainte Règle et les ordres des anciens, et cela avec mépris ». Aller utilement, salutairement vers lui ne peut se faire dans la transgression. La mise à l’écart liée à la peine de l’excommunication n’a d’autre but que de dégager un espace pour retrouver sens, à la fois direction et conscience, que d’ouvrir un temps pour un réajustement salutaire.

« Nulle part, écrit Guillaume de Saint Thierry dans sa lettre aux frères du Mont Dieu, la mesure de l’imperfection humaine ne se découvre mieux que dans la lumière du visage de Dieu, dans le miroir de la vision divine. Là, au sein du jour éternel, à la vue toujours plus nette de ce qui lui manque, l’âme corrige de jour en jour par la ressemblance tout ce qui est fautif en elle du fait de la dissemblance. Elle se rapproche par la ressemblance de celui dont la dissemblance l’avait éloignée». A nous donc de nous laisser toucher par sa grâce, afin que nos égarements nous ouvrent toujours davantage à une véritable communion.

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OBSCULTA PERVENIES

jeudi 3 juillet 2008

RB 26 bis - revenir en communion

L’extrême brièveté de ce chapitre 26 de la Règle donne encore plus de poids à l’interdiction qui y est faite : celle de « se joindre sans permission aux excommuniés », et cela « en quelque manière que ce soit » et pour quelque raison que ce soit. Autrement dit, la chose n’admet ni excuse ni discussion. Pourquoi ? La fête de ce jour vient très opportunément nous éclairer.

« Quand Jésus vint au milieu des disciples le soir du premier jour de la semaine », Thomas n’était pas là. A cette séparation physique d’avec la communauté correspond un enfermement dans le doute : « Si je ne vois pas … si je ne mets pas mon doigt … si je ne mets la main …, non, je n’y croirai pas ». Le témoignage des autres échoue à l’en faire sortir. Pour qu’il passe de l’incrédulité à la foi, il faudra qu’il « soit avec eux », lors de la «venue de Jésus huit jours plus tard ».

Le fait que le frère excommunié soit laissé seul, comme le spécifiait déjà le chapitre précédent (« … il sera privé de la table commune et de l’oratoire … aucun frère n’aura avec lui ni relation ni entretien … il restera seul à l’ouvrage qui lui est enjoint ... »), n’est que pour mieux lui faire saisir l’urgente et incontournable nécessité pour lui de « faire une humble satisfaction », c'est-à-dire de revenir en communion.

La défense de « se joindre à lui sans permission ou de lui parler ou de lui faire une commission » peut sembler à première vue par trop rigoureuse, mais qui a jamais dit que la démarche de conversion était chose facile ? Le pas qui nous fait sortir de nos chemins de traverses pour revenir là où Jésus nous attend au milieu de ceux qui sont rassemblés en son nom, requiert ce « courage » que l’oraison du jour demande à « Dieu tout-puissant de nous accorder de reprendre », jour après jour. C’est ainsi que « nous aurons la vie en comprenant à notre tour que Jésus Christ est Seigneur ».

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OBSCULTA PERVENIES

mardi 4 mars 2008

RB 27 - vouloir retrouver la santé

« Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades », vient de nous rappeler ce chapitre 27 à propos des « frères qui ont failli ». « Est-ce que tu veux retrouver la santé ? » : la question que Jésus, dans l’évangile du jour, pose au malade de Bézatha, continue de s’adresser aux pécheurs que nous sommes.

Peut-être commençons nous, comme cet homme paralysé depuis si longtemps, à répondre que nous ne le pouvons pas; et certes, par nous-mêmes, nous sommes impuissantes à guérir, incapables de faire le moindre pas vers le salut.

Mais nous ne sommes pas sans personne, nous qui, « par le baptême, avons été ensevelis avec le Christ, dans sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle ».

Il n’est pas question ici de pouvoir, mais, nous dit l’oraison du jour, de « recevoir dans un cœur purifié l’annonce du mystère pasc