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RB 20 - purification Dès le mercredi des cendres, la liturgie nous a rappelé qu’il s’agissait, « par notre fidélité à ce temps de pénitence », de « parvenir avec une âme purifiée à la célébration de la Pâque du Fils de Dieu ». Depuis, et tout au long du carême, ce thème de notre purification revient, sous de multiples formes, mais pareillement orienté : « Nous t’en prions, Dieu tout-puissant, purifie-nous au long de ce carême, pour que nous parvenions avec un cœur limpide aux fêtes pascales qui approchent », demandions-nous dans la prière d’ouverture de vendredi dernier. Saint Benoît, lui aussi, dans ce chapitre 20 de la Règle, nous parle de pureté. Avec une certaine insistance, d’ailleurs, puisqu’en cinq versets, le mot revient trois fois. Il est successivement question de « pure dévotion », laquelle ne va pas sans une attitude tout d'humilité ; de « pureté du cœur », opposée à « l'abondance des paroles » ; de « prière pure », en même temps que « brève ». Pour progresser sur ce chemin de purification, de guérison, de sanctification, nous ne sommes pas laissées sans moyens. « Tu nous as dit comment guérir du péché », proclamait l’oraison de ce troisième dimanche en s’adressant au « Seigneur, source de toute bonté ». La liturgie de ce jour nous le redit pareillement. Si Azarias, en première lecture de la messe, nous entraîne dans sa prière de feu pour implorer le pardon du Seigneur « à cause de nos péchés », Jésus, dans l’évangile, nous rappelle que le pardon demandé à Dieu s’authentifie et se déploie dans le pardon accordé à nos frères. « Que notre communion à ton sacrement, Seigneur, purifie chacun d’entre nous, et réalise notre unité » : la troisième prière de ce lundi soulignait déjà le lien profond entre communion sacramentelle et communion fraternelle. Ne redisons-nous pas matin, midi et soir : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé » ? Nous sommes appelées à nous remettre ensemble, jour après jour, dans « les voies du Seigneur » : elles « sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois », proclamait tout à l’heure le psaume 24. C’est sur ce chemin que « le Seigneur montre aux pécheurs » que nous sommes, que nous progresserons vers la « dévotion pure », la «pureté du cœur », la « prière pure », et que nous connaîtrons qu’il « est le Dieu qui nous sauve ».
RB 22 - nous laisser former par lui « Que les moines soient toujours prêts ». L’injonction de saint Benoît rejoint l’ordre donné par le Seigneur dans la première lecture de la messe : « Soyez attentifs à ma voix ». Quant à « dormir », terme qui revient six fois dans la première partie de ce chapitre 22, le prophète Jérémie énumère en quoi cela consiste : « Ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais conseils de leur cœur obstiné ; ils ont reculé au lieu d’avancer ». Saurons-nous au contraire « nous lever », le terme revient deux fois, autrement dit «suivre jusqu’au bout la route que le Seigneur nous prescrit » ? Alors « il sera notre Dieu et nous serons son peuple, et nous serons heureuses ». Or, souligne saint Benoît à la charnière de ce passage de la Règle, nous ne le pouvons à moins d’« être toujours prêtes ». Qu’est-ce à dire ? Jésus, dans l’évangile du jour, nous éclaire, lorsqu’il nous presse de demeurer et d’œuvrer avec lui, car, conclut-il, « celui qui n’est pas avec moi est contre moi et celui qui ne rassemble pas avec moi disperse ». Comment, aujourd’hui, allons-nous « nous laisser former par lui » et manifester par notre vie que « la fidélité n’est pas morte, qu’on en parle encore » ?
dimanche 29 juin 2008 |