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- BERNARD DE CLAIRVAUX - |
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LE ROC, C'EST LE CHRIST " |
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Je l'ai saisi, je ne le lâcherai pas, dit l'Epouse. Il en est bien ainsi : désormais, la race des chrétiens ne disparaîtra pas, ni la foi sur la terre, ni l'amour dans l'Eglise. Les fleuves sont venus, le vents ont soufflé et se sont rués contre elle ; elle ne s'est pas effondrée, car elle était fondée sur le roc. Le roc, c'est le Christ; Ni le verbiage des philosophes, ni les subtilités des hérétiques, ni l'épée des persécuteurs n'ont pu et ne pourront jamais la séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus, tant elle tient fortement celui qu'elle aime, tant s'unir à Dieu est son bien. C'est du bon mastic, dit le prohète Isaïe. Quoi de plus résistant qu'un mastic que l'eau ne dissout pas, que l'air ne fend pas, que le couteau n'entame pas ? Non, les grandes eaux ne sauraient éteindre l'amour. Je l'ai saisi et ne le lâcherai pas. Le saint patriarche dit aussi : Je ne te lâcherai pas que tu ne m'aies béni. L'Epouse, de même, ne veut pas laisser partir l'Epoux, et son refus est plus déterminé que celui du patriarche, car il ne s'agit pas seulement d'une bénédiction. Le patriarche Jacob, en effet, une fois la bénédiction reçue a lâché prise. Pour l'Epouse, il n'en est pas ainsi. Ce n'est pas ta bénédiction, dit-elle, c'est toi que je veux. Qui donc aurai-je dans le ciel ? Avec toi je suis sans désir sur la terre. Non, je ne te lâcherai pas, même lorsque tu m'auras bénie. Je l'ai saisi, je ne le lâcherai pas. L'Epoux, de son côté, ne tient peut-être pas moins à être saisi de la sorte, puisqu'il déclare : Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes, et qu'il fait cette promesse : Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Quelle plus forte union que celle qui rassemble en une seule deux volontés si fermes. Je l'ai saisi, dit l'Epouse. Et à son tour, elle est tenue par celui qu'elle tient et à qui elle dit ailleurs : Tu m'as saisie par la main droite. Comment celle qui est tenue et qui tient, pourrait-elle encore tomber ? Elle tient par la fermeté de sa foi, elle tient par l'élan de son affection. Mais elle ne tiendrait pas longtemps si elle-même n'était pas tenue. Or, elle l'est par la puissance et par la miséricorde du Seigneur. Bernard de Clairvaux - Sermon 79 sur le Cantique
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