"Je
voudrais leur faire comprendre que c'est beau d'être chrétien
!
L'idée
largement répandue est que les chrétiens doivent obéir
à d'innombrables commandements, interdits, principes et autres
choses du même genre et que par conséquent le christianisme
est épuisant, difficile à vivre et qu'on est plus libre
sans tous ces fardeaux.
Moi,
au contraire, je voudrais leur faire comprendre qu'être soutenu
par un grand Amour et par une révélation ce n'est pas
un fardeau : cela donne des ailes, et que c'est beau d'être chrétien.
Cette
expérience nous donne de l'ampleur, mais elle nous donne surtout
le sentiment de vivre dans une communauté.
C'est-à-dire
qu'en tant que chrétiens nous ne sommes jamais seuls : en premier
lieu il y a Dieu qui est toujours avec nous ; et puis nous, entre nous,
nous formons toujours une grande communauté, une communauté
en chemin, qui a un projet pour l'avenir : tout cela fait que nous vivons
une vie qui vaut la peine d'être vécue.
La
joie d'être chrétien : c'est beau, et il est juste aussi
de croire."
Benoît
XVI - Message aux jeunes Interview 14/08/05 sur Radio Vatican
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BENOÎT
XVI : UNE ANNEE DE PONTIFICAT
Compte
rendu de la conférence de Jean-Marie GUENOIS,
journaliste
à La Croix, d'après les notes de Denyse.
Benoît
XVI a succédé à Jean-Paul II, il y a un an. Succession
difficile pour ce pape actuel si différent du précédent.
« Il ne dit rien, ne fait rien » dit-on. Mais Benoît
XVI a annoncé dès le début son désir de
prendre le temps d’une année pour observer et comme pour
marquer l’importance qu’il accorde à la vie intérieure.
« Je ne suis qu’un serviteur » déclara-t-il
le soir de son élection.
A)
Les contraintes d’une succession.
J.M. Guénois a assisté à Rome aux obsèques
de Jean-Paul II. Il a été très impressionné
par l’immense témoignage d’admiration, de reconnaissance,
de gratitude manifesté ce jour-là par des gens de tous
âges, de toutes conditions, de toutes croyances.
Quelques jours plus tard, le 19 avril 2005, le nouveau pape Benoît
XVI sait fort bien que vu son âge et sa santé fragile,
il est un pape de transition et qu’il succède à
un géant.
L’essentiel de l’héritage : 3 encycliques.
~ « Fides et ratio » : on peut parler d’une réconciliation
entre la foi et la raison. La spiritualité est réadmise
dans le champ intellectuel (cf. Régis Debray). Croire n’annihile
pas l’intelligence.
La démarche de repentance dont nous n’avons sans doute
pas mesuré tout le travail de préparation a été
un acte historique très dur à poser et d’une grande
portée.
~ « Ut unum sint » : sur l’œcuménisme
Le grand souci de Jean-Paul II a été d’être
ferment de paix et d’unité. L’Eglise a pris position
sur de nombreuses questions sociales, politiques.
Par rapport aux chrétiens orthodoxes, notamment, il s’est
dit prêt à remettre en cause le fonctionnement de la
papauté.
~ « Redemptor Hominis » : le Christ Rédempteur
de l’Homme.
Jean-Paul II a parcouru le monde pour annoncer le Christ et encourager
à une nouvelle évangélisation. Il a redonné
le goût de croire à de nombreux jeunes (JMJ). Aujourd’hui,
il y a dans l’Eglise un basculement du nord vers le sud. Le
prochain pape sera-t-il africain ?
B)
La santé de Benoît XVI et le temps limité.
Le
pape est âgé ; sa santé est fragile. Il sait que
son temps est compté et qu’il doit définir des priorités
d’action.
- Jean-Paul II était un philosophe moraliste. Benoît
XVI est un théologien qui veut avant tout « donner le
goût de croire ». Notre religion est une religion de l’amour.
D’où l’encyclique « Dieu est Amour ».
- Régler le schisme lefebvriste. Cela touche une minorité
mais le Pape attache beaucoup d’importance à la liturgie.
- Réformer le gouvernement de l’Eglise.
Il est très difficile de changer les choses dans un système
ankylosé. Il a cependant choisi un évêque américain
pour être Préfet de la Doctrine de la Foi.
Davantage de collégialité. Les allemands ont l’habitude
de travailler par consensus.
Reprise de « conseils de ministres » abandonnés
depuis plusieurs années.
- Trouver une solution pour les divorcés-remariés.
- Se rapprocher des Eglises d’Asie. Il est important de mieux
saisir la mentalité asiatique.
Gestes envers les protestants, dialogue avec les orthodoxes.
Par rapport à l’islam, si l’Eglise dit oui au dialogue,
elle souhaite cependant travailler la réciprocité (droit
à célébrer en pays islamique) et régler
la question du terrorisme.
Une délégation de responsabilité par continents
est envisagée afin de mieux penser l’Eglise en fonction
des différentes cultures.
Les applications ont été très variées.
Après l’expérimentation qui est terminée,
il faut faire la part des choses. La crise aujourd’hui est très
profonde (En France, 8% de pratiquants, 1% parmi les 18-25 ans). Quelles
réformes ?
C’est le thème de la catéchèse choisie
par Benoît XVI
-Avec l’encyclique « Dieu est Amour » , «
ce n’est pas un retour au sacré mais un retour au mystère
» (un évêque congolais)
Dieu est amour : c’est çà le christianisme !
« c’est beau d’être chrétien…c’est
donner de l’ampleur à sa vie et n’être jamais
seul » (Interview à Radio-Vatican, 16août2005)
- il faut en finir avec l’opposition entre eros et agape et
de l’antagonisme entre action et spiritualité. L’un
est inséparable de l’autre.
LE SYNODE SUR L’EUCHARISTIE
Un temps de grande réflexion pastorale.
250 évêques réunis pendant 3 semaines dont 10
jours en séance plénière et 8jours en petits
groupes. 231 prises de position officielle sur toutes les questions
sensibles : liturgie, présence réelle, la mission, renouveau
de l’adoration eucharistique, les divorcés-remariés,
les vocations et le mariage des prêtres, l’œcuménisme.
« L’Eglise est un espace privilégie de communion
» (Evêque du Paraguay)
« Dans une terre de sang, l’Eglise n’est pas un
exercice de piété » (Patriarche de Jérusalem).
50
propositions finales
- pas de modifications doctrinales
- confirmation de la liturgie de Vatican II
- limites nettes sur l’intercommunion
- refus d’expérimenter l’ordination d’hommes
mariés. Pour le cardinal Daneels : « le problème
des vocations, c’est la foi et pas le célibat ».
- divorcés-remariés : peu d’évolution.
Eviter des célébrations religieuses de mariage sans
foi réelle.
- inculturation des célébrations.
-
Comment le Pape fait-il pour tenir ?
- Quand on ne le trouve pas, il suffit d’aller à la chapelle.
Il est en prière.
Pour en savoir plus : « La Croix » du mercredi 19
avril 2006 « Un an de pontificat »
Jean Marie Guénois, chef de service des informations
religieuses à La Croix, a été durant 10 années
à Rome. Il a écrit "Benoît XVI, le
pape qui ne devait pas être élu" (J.C. Lattès).
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