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- BAUDOUIN DE FORD - |
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" DIEU NOUS A CONFIE
NOS FRERES " |
| Nous devons aimer Dieu, non en parole ou de langue, comme l'ont aimé ceux dont il est écrit : ils l'ont aimé de bouche et de leur langue ils lui ont menti ; nous devons, dis-je, aimer Dieu de telle sorte que cet amour se manifeste en actes et en vérité. Dieu qui, en soi, n'a pas besoin de bienfaits, nous a pour ainsi dire confiés nos frères et nos proches qui, eux, en ont besoin, afin qu'ils reçoivent à sa place les bienfaits que nous devions lui rendre. Que personne donc ne se flatte d'aimer Dieu, que personne ne s'abuse en croyant aimer Dieu : il ne l'aime pas, s'il n'aime pas son prochain. Si l'homme, quel qu'il soit, n'a pas de quoi expérimenter et éprouver sa propre valeur, qu'il aime son prochain afin d'aimer aussi son Dieu. S'il n'aime pas son prochain qu'il voit, qu'il a sous les yeux, qui lui a été en quelque sorte confié par Dieu afin d'acquitter auprès de lui sa dette d'amour, comment peut-il prétendre aimer Dieu qu'il ne voit pas, qui ne se montre pas de façon immédiate et qui, de fait, ne manque de rien ? Car peut on rendre des bienfaits à Dieu si ce n'est en les rendant à celui-là en qui Dieu se montre indigent, lui qui, en soi, n'a besoin de rien ? C'est Dieu, en effet, qui, dans ses membres, demande et reçoit, est aimé ou méprisé. Grâce à cet amour du prochain, comme par un noeud d'amour et un lien de paix, nous retenons et conservons en nous la charité de Dieu et l'unité de l'Esprit. Celui qui n'aime pas son frère, s'éloigne de cette unité spirituelle, il n'aime pas Dieu et ne vit pas de l'Esprit de Dieu, mais de son propre esprit, parce qu'il vit dès lors pour soi et non pour Dieu. Baudouin de Ford - Traité 15
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